Formation/orthographe (3)

Catégorisation des erreurs

Ils fabriquent un piege (1) et il attande (3)+(4) que les gommes viengt (5) dans lergt (1) piege (1). Toudincou (4)+(2)  il lergt (1) coupe (3) les pates (4) avec un ciseaux (6).

A retenir
Les problèmes d’orthographe ne sont pas uniquement orthographiques, mais liés à d’autres dimensions de la langue et des textes : « il » doit reprendre le « ils » du début de l’extrait, l’orthographier correctement permet donc de bien gérer les reprises anaphoriques et la cohérence du texte, pour que le lecteur suive le fil.

(1). Phonologie : « piege » sans accent et « lergt » sont des exemples de problèmes de phonologie car la forme écrite ne permet pas de retrouver la forme sonore du mot. Dans « toudincou » on remarque « in » pour « un » : pour certains c’est un problème de phonologie mais pour la plupart des locuteurs, la différence entre les sons correspondant à « in » et « un » n’existe plus désormais (ainsi, on pourra trouver chez les élèves des graphies comme « un lapun »).

(2). Segmentation : « toudincou » est un exemple d’hyposegmentation, car plusieurs mots sont agglutinés pour n’en former qu’un seul. Ces problèmes de frontières de mots sont caractéristiques des écrits des jeunes élèves.

(3). Marques de personne : dans « il attande » et « il coupe », on attend que le pronom personnel « il » de reprise anaphorique soit un pronom de 3ème personne du pluriel « ils » (comme dans « ils fabriquent ») et on doit alors trouver aussi la marque de personne sur le verbe (« attend-ent », « coup-ent »). A noter qu’ici, la forme sonore est la même à la 3ème personne du singulier et du pluriel (il chante/ ils chantent), ce qui rend plus difficile le fait de devoir marquer la personne sur le pronom et sur le verbe à l’écrit.

(4). Choix des graphies : le « an » dans « attande » ou le fait qu’il y ait un seul « t » dans « pate » pour « patte » est une difficulté récurrente en français, car on a plusieurs choix de graphies possibles pour un même son (exemple, « an », « en », « em », « am » ; ou, autre exemple, « o », « au », eau »). Pour la même raison, il est difficile de maîtriser les lettres finales muettes comme dans « coup » de « toudincou », d’autant qu’on ne peut pas s’appuyer sur un mot dérivé (contrairement à bord/bordure, par exemple).

(5). Orthographe et morphologie du verbe : on attend « vienne » (subjonctif), mais on peut penser que l’élève ne maîtrise sans doute pas encore cette forme à l’oral et qu’il a voulu écrire « vient ».

(6). Marques de nombre : dans « un ciseaux », on a une marque de pluriel (ciseau-x), alors que le déterminant est « un »), ce qui peut s’expliquer par le fait que le mot « ciseaux » est souvent employé au pluriel (des ciseaux, une paire de ciseaux).