Formes verbales

Article source « Orthographier les formes verbales du français : quelle persistance des erreurs chez les étudiants ? » Jacques David, Fanny Rinck, dans Langue française 2021/3 (N° 211)

Les résultats suivants ont été élaborés à partir de deux corpus complémentaires d’écrits d’étudiants, les premiers en première année universitaire (276 narrations rédigées à partir d’un texte amorce) et les seconds, au niveau du master (165 textes de synthèse dans le cadre de la préparation au concours d’enseignement).

Prémisses :
La morphographie verbale se caractérise par une homophonie importante, qui a déjà été décrite dans le paradigme distributionnaliste, au moins depuis les années 60-70 (Dubois 1967 ; Gross 1968).
la morphographie verbale n’est pas encore maîtrisée, sans doute parce qu’elle nécessite des calculs linguistiques complexes que l’on ne peut réduire à une procédure unique.

Spécificités du corpus et premiers constats

  1. Le corpus de licence se caractérise, majoritairement, par l’usage du Prés-ind, de l’Imp-ind et du PS-ind, par contraste avec celui de master où les verbes conjugués sont, pour l’essentiel, au Prés-ind ; 2.la morphographie verbale nécessite un ensemble de connaissances métalinguistiques ou « grammaticales » à différents niveaux de structuration du système linguistique.

Résultats

  1. Les erreurs des étudiants de licence, regroupées sur la ligne « base lexicale », concernent en grande partie les accents (50 % des erreurs) ;
  2. Aux temps-modes personnels, les erreurs flexionnelles des étudiants sont en grande partie liées à l’opacité homophonique des terminaisons ;

3. En master, les erreurs sur la base verbale sont quasiment absentes, les problèmes de morphographie se concentrent sur les deux éléments de la terminaison (respectivement : 40 % sur la flexion de temps-mode et 20.8 % sur l’accord en personne).