II.3.3 Tâche 3 – Analyse des écrits scolaires et académiques : cohérence discursive


Responsable : Josette Rebeyrolle (CLLE)
Partenaires : CIRCEFT (E. Bautier, C. Delarue-Breton), CLESTHIA (D. Legallois), CLLE (M. Bras, C. Garcia-Debanc, L.-M. Ho-Dac V. Paolacci,), LIDILEM (M.-P. Jacques)
Période : mois 0-38
Livrables : 1/ guides d’annotation, 2/ corpus Resolco annoté, 3/ échantillon du corpus global du projet annoté, 4/ cartographie des indicateurs de la compétence relative à la cohérence.
Objectif : faire progresser les connaissances sur la mise en place des compétences rédactionnelles tout au long du cursus scolaire en se focalisant sur un aspect qui n’a pas encore donné lieu à des études sur de grands corpus : le niveau discursif, et plus précisément la cohérence discursive.
Justification de la tâche :
Cette tâche permettra de mettre en place des méthodes, des outils et des ressources pour l’analyse des facteurs de cohérence dans les écrits scolaires. Les ressources visées prendront la forme de corpus annotés selon plusieurs dimensions et constitueront les bases empiriques nécessaires permettant d’atteindre l’objectif final de la tâche : construire des indicateurs de la compétence discursive des rédacteurs rendant possible des comparaisons entre les différents genres textuels qui composent le corpus global, d’une part, et entre la maitrise des compétences discursives dans les brouillons et dans les états finaux des textes, d’autre part. Une fois ces indicateurs mis au jour, il sera alors également possible de les croiser avec des indicateurs qui relèvent d’autres niveaux d’analyse linguistique, tels que l’orthographe (cf. T. 5), et avec les différents types d’interventions des enseignants (cf. T. 6).
Programme détaillé des travaux :
• T. 3-1 Annotation de la cohésion / cohérence [mois 0-32]
L’étude de l’articulation entre cohésion et cohérence reposera sur différents niveaux d’annotation qui correspondent à des approches complémentaires de l’organisation discursive :
– une approche « ascendante », partant des unités minimales vers les unités supérieures qui consiste en une segmentation des textes en unités élémentaires et une annotation des relations de cohérence entre les segments (par exemple narration, explication, élaboration) ;
– une approche « descendante », partant des schémas macro-structuraux (schéma narratif, par exemple) vers les unités plus minimales ;
– une approche « surfacique » visant à marquer des indices de cohésion à la surface des textes (par exemple, marqueurs anaphoriques, connecteurs).
L’annotation proprement dite des productions écrites d’élèves prendra appui sur les acquis des méthodes d’annotation discursive développées dans le cadre du projet ANNODIS. Une première phase sera consacrée à la création de nouveaux guides ou à l’adaptation des guides d’annotation d’ANNODIS (Muller et al. 2012 ; Colléter et al. 2012) conçus pour des textes écrits par des experts et non par des élèves en cours d’apprentissage. Pour chaque marqueur de la cohésion/cohérence, la campagne d’annotation se déroulera en quatre étapes :
– annotation exploratoire des textes du sous-corpus Resolco ;
– aller et retour pour finaliser les guides et évaluer les adaptations nécessaires pour permettre l’annotation des autres écrits scolaires du projet (Ecriscol et Scoledit) ;
– rédaction de guides modulables selon les types de texte et le niveau de littératie des scripteurs ;
– annotation opérationnelle d’un échantillon du corpus global.


• T. 3-2 Construction d’indicateurs des compétences discursives des élèves [mois 22-38]
L’analyse des corrélations entre les différents niveaux d’annotation permettra de construire des indicateurs des compétences discursives des élèves. Ces indicateurs pourront ensuite être utilisés pour effectuer des comparaisons :
– entre les différents genres textuels qui composent le corpus global. Pour ce volet de nos analyses, nous pourrons comparer à un même niveau scolaire et universitaire des textes narratifs et argumentatifs afin d’identifier ce qui crée la cohésion de façon privilégiée dans tel ou tel type de texte (cohésion lexicale, construction thématique, connecteurs, etc.) ;
– entre la maitrise des compétences discursives dans les brouillons et dans les états finaux des textes afin d’évaluer leur progression, pour les sous-corpus qui prévoient d’enregistrer plusieurs versions d’une même production.